Le Club des lo(o)seurs

Mon club de losers comportait 3 personnes jusqu'a l'annee derniere (un s'est marie le lacheur). Je parle ici de ma vie d'expat trentenaire (mon dieu.. bientot quadra) solo avec un chat :-)

04 novembre 2007

De la réclusion non criminelle et de la disparition des dragons

dragons12

Il est dimanche soir et je viens de passer 40 heures en séclusion chez moi. Je vis en Allemagne et mon allemand minable ne me permets pas de communiquer avec les gens autours de moi, alors il y a chez moi et l’extérieur, l’extérieur étant inconnu donc bien évidement hostile. Je ne sort que contrainte et forcée, lorsque le manque de nourriture ne me permets plus de dépenser mes 1h30 quotidiennes à préparer et à manger mes deux ou trois repas et lorsque je dois aller au bureau.

Bien sur je peux appeler mes amis, je n’en manque pas, ils sont en moyenne a 4300 km de chez moi mais ils existent. Mais pour appeler ses amis il faut avoir quelque chose à leur dire. Et lorsqu’on vis coupée de vie sociale quotidienne on a rien à leur dire à ses amis. Parce que se plaindre c’est ennuyeux. Parce que l’autodérision ca va un temps. Parce que, bien que je ne supporte pas le concept de normalité (la famille les enfants, le couple) quelque part être normale ca me changerais bien. Une amie écrivait dans son blog un essais sur les carapaces et les entrailles (http://cilja.unblog.fr/2007/10/30/la-fragilite-de-la-carapace-ou-des-entrailles/). Une jolie formule pour comparer les gens qui se protègent en s’isolant des gens et les gens qui souffrent sans compter.

J’ai une carapace, elle est énorme avec des écailles luisantes et elle a l’air très très solide. Tellement solide qu’elle en a l’air imprenable. Malheureusement cette carapace est poreuse, elle fait défaut. Chaque petite chose projetée sur cette armure-prison reste la, irritante, brulante, détruisant à petit feu la chair molle du dessous. Chaque taquinerie, chaque imperfection réelle ou imaginaire détruit à petit feu la substance de la bête. Je me demande si c’est ainsi que les dragon disparurent. S’isolèrent ils suffisamment pour que, finalement, leur substance se solidifie au point de former les montagnes d’aujourd’hui ?La solitude est pour moi un refuge et une prison. Un refuge car elle m’apaise. Je suis simplement moi sans faux semblants, inutile d’en rajouter puisque je suis ma seule audience.

Une prison car si personne ne vous vois ou ne pense à vous es ce que vous existez encore ?

image extraite de http://www.mythologie-fantastique.com/pages/lesdragonswall12.html

Posté par Quietlaugh à 18:21 - Trivial pursuit - Commentaires [0] - Permalien [#]

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