Le Club des looseurs

Mon club de loosers comportait 3 personnes jusqu'a l'annee derniere (un s'est marie le lacheur). Je parle ici de ma vie d'expat trentenaire (mon dieu bientot quadra) solo avec un chat :-)

15 novembre 2007

Des fois je rêve que j’ai une vie ‘normale’

noreservations_l200704091440Hier soir j’ai vu le film ‘No reservation’ et ca m’a rappelle à quel point j’avais eu envie d’avoir un enfant avec un de mes bruns. Cet homme là, non seulement aimais quelqu’un d’autre (en fait il l’aime toujours hein c’est juste que maintenant c’est moins critique pour moi vous voyez…) mais il ne voulait pas d’enfant. Pour moi il est ‘the One that got away’. J’imagine qu’on à toutes besoin d’au moins un homme avec qui on aurait bien construit quelque chose mais avec qui il ne s’est jamais rien passe… Je le cite : « l’important c’est la réciprocité ».

L’envie d’enfant est donc réapparue hier soir assez brutalement en regardant ce film, aptement classifié « comédie romantique », où l’héroïne, passionnée par son boulot célibattante de 35+ ans, se retrouve responsable de sa nièce suite au décès de sa sœur (enfin de la sœur de l’héroïne, la maman de la nièce… Oui je ne suis pas claire, c’est mon blog c’est mon droit. !). Oui enfin c’est peut être pas uniquement le film mais aussi le joli siège bébé dans la voiture de Garp aussi.

Maintenant le problème est que par contre, bien que je sois toujours à la recherche de mon partenaire de pour-la-vie, il semble que je ne sois pas faite pour les histoires de pour-la-vie. En fait je suis un peu cassée vous voyez ? Donc je n’ai pas de donneur de sperme potentiel et encore moins de père potentiel. En fait si je veux un enfant il va falloir le faire seule.

Soyons clair faire un enfant seule ce n’est pas une décision populaire, j’en ai parle à peu près tous mes amis et l’opinion est universelle je suis donc :

« Égoïste » : Oui surement que faire un enfant à deux c’est pas égoïste du tout. Et s’engager à élever une enfant du mieux qu’on peut, même si la situation n’est pas optimale, c’est égoïste.

« Inconsciente, tu ne te rends pas compte » Non, probablement pas. Qui se rend compte de l’impact sur sa vie qu’aura un enfant ?

« Cet enfant va être malheureux » je comprends votre opinion et jusqu'à un certain point je la partage mais….Merci du vote de confiance. Ca fait vraiment chaud au cœur.

« Tu devrais adopter » Heu…. Vu comment sont les lois j’ai plus de chances de me faire inséminer par une créature surnaturelle que d’adopter avant d’avoir besoin d’un dentier.

« Compte pas sur moi pour le garder ton mioche » Ok je note. Je suis vraiment seule dans cette entreprise. Merci. En même temps, vous croyez que je le fais pour vous ?

« Pourquoi tu veux faire ca ? Tu peux faire ce que tu veux, tu a de l’argent, t’es pas moche, t’es intelligente, tu peux voyager » Ben oui je fais ca depuis un moment. Il semble que la seule chose que je ne puisse pas faire c’est de fonder une famille.

« Tu peux même pas garder une plante en vie » Mon chat se plaint mais elle survis depuis deux ans. Elle a l’air de bien m’aimer même.

« Tu n’auras plus de vie de femme » Ben de toutes façons….

Donc voila des fois je rêve. Je rêve d’un enfant a qui j’apprendrais à faire du vélo au mas, à qui je changerais les couches, qui me dira (j’espère uniquement à l’adolescence, mais bon) que je suis nulle, qui criera toute la nuit, qui me refilera les gastros qu’il aura chopé à l’école etc etc. Un enfant que j’aimerais tout bêtement. Je pourrais faire comme l’ont fait certainement d’autres femmes avant moi. Faire un enfant avec un père que j’aime bien mais que je n’aime pas. Ou alors récupérer un type dans un bar et plaider que ‘je n’ai pas fait exprès’ (enfin quoi que à Dresde ca pourrais être d’une difficulté insurmontable de trouver quelqu’un avec qui passer la nuit). Mais je suis quelqu’un de raisonnable. J’écoute mes amis et je m’aigris doucement de savoir que je n’aurais jamais de famille à moi.

(ah, puis maman et nono c’est pas la peine de faire la tête en me disant que j’ai déjà une famille…. Vous savez exactement ce que je veux dire par la)

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14 novembre 2007

Des fois quand j’ai des gros coups de moins bien au bureau je vais me cacher aux toilettes.

toilettes_wc_bagno_alessi_ambJe suis une femme ingénieur, agressive et décidée.

Enfin bon ca marche mieux pour gérer des projets quand on est comme ça alors toute la journée je suis la wonderwoman. Sauf qu’en réalité, même si je suis d’une maladresse crasse, je ne rêve que de parler aux gens et de ne pas avoir à argumenter et me disputer avec eux et surtout de ne pas avoir à imposer mon autorité. Alors forcement, des fois, j’ai besoin de prendre un break de dureté et de me cacher pour poser mon visage sur mes mains jointes et attendre que le gros coup de ‘j’en ai marre’ passe.

Il se trouve que comme je suis dans un ‘open-space’ le seul endroit où je peux faire ça c’est dans les toilettes. J’en déduis donc que mes collègues pensent que j’ai des problèmes digestifs.

Vous souvenez vous de mon viking Garp ? Garp à une vikinguette, enfin je crois. Franchement vu que je ne sais rien sur lui ça ne change pas trop mes perspectives romantiques avec lui. Mais quand même ça me fait un coup de ‘j’aimerais bien avoir ce genre de coup de fils’ quand il appelle sa chérie tous les midis, le ‘Bis spater…’ évoquant en moi d’anciens souvenir d’intimité partagée.

A propos d’intimité…Ais-je mentionné à quel point l’allemand male est avare d’informations personnelles ? Le niveau de protectionnisme pousse à des discussions complètements décalées du genre : Moi :« Où tu habites toi ? Dans Dresde ? » ; Lui:« Je suis marié ».

Bon, je le note…. ça m’aide pas à déterminer où je vais m’installer dans cette foutue ville mais bon, des fois que je n’aurais pas vu l’alliance, la photo de sa femme et de ses voitures, je suis fixée : il est marié.

Autre modèle du genre : Moi : « Tiens ? Tu parts en vacances ? Tu vas où ? » Lui : « … ».

Non vous ne rêvez pas ! L’homme allemand n’à absolument aucun problème à ne pas répondre à une question directe et à vous regarder fixement avec un visage totalement inexpressif. Je me demande si on leur apprends ça à l’école car franchement c’est ultra intimidant comme approche…

Vous me direz : je ne parle que d’allemand male, je suis ingénieur il n’y a quasiment pas de femmes autour de moi et…. J’ai même pas osé leur poser de questions.

Des fois un sentiment de révolte profonde s’instaure en moi, je décide donc d’envoyer des boulettes de papiers à mes voisins, de leur faire des grimaces et de flirter outrageusement avec le seul de mes collègues qui se marre spontanément même s’il ne s’est pas coincé les doigts dans le tiroir du bureau (ne nous emballons pas, il est marrie aussi). A oui, je chantonne aussi et je fixe de mes petits yeux marrons-verts-gris perçants mon viking d’en face en lui demandant :

-          Je peux te poser une question ultra intime ?

-          ….. (visage inexpressif, regard fixe de la mort, mais vu qu’il n’est pas partit en courant je prends ça pour un acquiescement)

-          Admettons que tu ais un pépin de fruit coincé sur une dent, tu voudrais que je te le fasse remarquer ?

-          …. (Check des dents avec langue puis doigts et comme rien ne vient) Heu… j’ai un truc entre les dents ?

-          Non ! Non, c’était hier mais je me suis demandée toute la journée si j’aurais du te le dire ou si c’était trop privé ?

Parce que comme ça au moins il a une raison de ne pas me parler….

Et puis après il me reste bien les toilettes.

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08 novembre 2007

L’ennui ou la peau trop petite

flamBonjour mon nom est V et je suis une junkie.

Je ne peux pas m’empêcher d’essayer de comprendre le pourquoi du comment de tout. De plus je questionne en permanence tout ce qui ce passe autour de moi. Pas un questionnement du genre ‘pourquoi tu ne passe par la rue de Rivoli’ mais plutôt du genre ‘Tu ne devrais pas mieux passer par les quais ?’ (oui, le ton de la voix va avec la courtoisie phrase). En d’autres termes je me sens investie de la mission quasi divine de remettre les gens qui m’entourent sur le droit chemin de la logique et l’efficacité. Confusément je me rends compte que ca que j’appelle LA logique est en fait mon point de vue mais, en fait, peu me chaud.

Quelques têtes brûlées et autres kamikazes divers ont parfois essayé de me faire dévier ou même de mettre en question mes convictions. C’est un travail de longue haleine mais qui finit par porter ses fruits. A la question précédemment posée la réponse ‘parce que je préfère’ n’est pas acceptable. Par contre l’option ‘Comme ca je vois les vitrines des boutiques’ marche parfaitement. Parce que du coup l’efficacité de l’itinéraire est sans objet puisque l’activité n’est pas de ce déplacer mais de regarder les vitrines. Et dans les vitrines on découvre toujours quelque chose.

Je vis pour la découverte petite ou grande, je reste persuadée que si je regardais mieux je trouverais un monde moins difficile ou vivre. G@@gle est donc mon ami. Je surfe beaucoup trop pour ma vie sociale. Je recherche les sujets les plus divers, en général dans les journaux scientifiques ou plus précisément médicaux. En moyenne cela suffit à me donner ma dose de choses à stoker du jour. J’accumule ca, en bonne syndromique de Diogène (précoce svp), dans mon cerveau. Et dans mon cerveau rien n’est jetté. Je me souviens d’énormément de choses complètement inutiles voire morbides (d’où le syndrome de Diogène voyons).

Cependant lorsque je n’ai pas de gens avec qui partager (enfin imposer serait des fois plus juste) mon savoir ni des contacts me permettant d’acquérir des informations je m’ennuie. L’ennui est pour moi l’ennemi ultime du cerveau. Trop d’ennui et les délices de l’imbécilité vous guettent. On dit toujours ‘un imbécile heureux’…. Il y a des raisons à ca. Ca doit être absolument merveilleux de pouvoir rentrer chez soi et regarder sa télé tous les soirs sans jamais se poser de question autre que quel programme choisir. Ne jamais ressentir le besoin de se jeter d’un avion accroche a un parachute. Ne jamais avoir envie de rencontrer des gens ayant la même soif, le même besoin de choses inédites. Pour certaines personnes la routine est source de confort. Pour moi le connu est l’ennui et l’ennui est l’angoisse, comme s’il m’était désormais impossible de trouver quoi que ce soit d’intéressant. Et l’angoisse me donne de l’énergie. Simplement des fois l’énergie ne tiens plus dans la surface de ma peau.

Ces fois là j’aimerais ne plus avoir de peau.

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07 novembre 2007

Si je ne parle pas c’est que je n’ai rien à dire

speak_20no_20evilCette époque est bien révolue. Maintenant la plupart du temps je ne parle plus que pour ne rien dire.

D’ailleurs je m’intéresse de moins en moins. Pour être claire, je connais maintenant toutes les histoires que je raconte. Le problème est qu’il n’existe que peux de gens qui sont fondamentalement intéressants. Beaucoup de personnes ont un ou deux sujets de conversation qu’ils recyclent allégrement au fil des saisons. Et puis il y a les choses saisonnières pures, Noel, le nouveau bébé, la rentrée des classes. Il est facile de ne rien apprendre en une journée de vie.

Heureusement il y a google. Parce que google c’est magique. On apprend ainsi des choses fascinantes sur des gens, d’un intérêt évident d’ailleurs. J’ai ainsi appris (en browsant sur www.mentalfloss.com ) qu’il existe un coussin anti-flatulences…. Et oui, le truc de malade ! Leur slogan est « Clear the air not the room » franchement ca me laisse pantoise ce truc. Pour vous faire une description du bouzin (© monblogdefille.mabulle.com) c’est un coussin en deux parties, une partie mousse insonorisante et une partie charbon actif pour les odeurs. Ils ne mentionnent pas s’il y a une alarme sonore pour quand le charbon parviens à expiration. Vu que ca parais assez élaboré ce truc j’imagine qu’il y a eu une armée d’ingénieurs pour développer ça et une armée de marketteurs et ventes en tous genres. Cette découverte capitale (une fois de plus n’ayons pas peur de mots) m’évoque deux interrogations existentielles majeures… Premièrement : qui utilise des coussins anti flatulences à mon bureau ? Deuxièmement les gens qui bossent pour le développement ou la vente de cet objet, que disent t’il quand on leur demande dans quoi ils bossent ?

Sinon dans la série bonne nouvelles j’ai trouve une piscine. C’est une piscine très bien, enfin du moins adéquate. Comme d’habitude dans les piscine c’est pas super super propre, il y a des gens qui sont là uniquement pour mâter, il y a des gens qui sont la que pour se faire mâter (en général des femmes), il y a des gens qui nagent moins bien que moi (Des points en plus pour Dresde pour être la piscine avec les techniques de nage les plus variées, en particulier la nage avec la tête hors de l’eau), et il y a des gens qui nagent vraiment. Mais ce qui m’a le plus plût dans cette piscine c’est la petite dame qui était aux douches avec moi et qui portait de superbes collants de fourrure. A ce niveau là on ne parle plus de pilosité c’était carrément stupéfiant, légèrement ondule avec de beaux reflets roux…. Franchement c’était impressionnant. De plus la petite dame en question est partie dans des ablutions exploratoires et ça, c’est vraiment « priceless ».

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05 novembre 2007

L’expatriation est une drogue dure

cocaJ’ai pratique l’expatriation 11 ans de ma vie d’adulte. 9 ans aux US, et le reste en Europe. Avant de partir aux US je ne connaissais pas du tout le pays et la Californie était juste pour moi le siège de grandes tremblotteries. Il existe a mon point de vue trois phases majeures quand on emménage dans un pays ou l’on n’a pas d’attaches. Les premiers trois mois sont idylliques, la ‘honey moon’ phase. Tout est nouveau tout est beau, on passe sont temps a comprendre les différents administrations, papiers a remplir trouver un appartement, un dentiste, medecin traitant, choisir son téléphone portable et on découvre les gens. C’est le high, le moment ou l’on se sent tout puissant, on se sent différent, plus fort plus sage que la moyenne et tout vas vite. On rencontre d’autres expats ou des locaux et on sort tous les soirs. Ca dure a peu près trois mois.

Ensuite il y a la phase de « j’en ai marre je veux rentrer chez moi », ce coup la rien ne vas, la nourriture est mauvaise (c’est vrai que par rapport a la France il existe peu de pays qui ont une cuisine aussi variée, perso je trouve que l’ Inde et le Japon se défendent bien mais ….), les gens sont cons (n’ayons pas peur des mots), et le pays est nul (comment ca vous vous doutez que je suis dans cette phase en ce moment ?). C’est la redescente. C’est pénible, l’endroit ou l’on se trouve ne change rien a la question. On sort avec moins de gens car les groupes se sont formes et on commence a avoir ses petites habitudes. On a trouve son club de sport (enfin moi j’ai toujours pas trouve de piscine mais … passons). On note toutes les différences avec sa maison et tout est moins bien. Soyons clair c’est le moment ou jamais de partir. Rester au delà de ce stade c’est s’exposer a des conséquences graves. Pour moi ce stade dure à peu près 3 mois. Enfin bon, je ne sais pas combien de temps cela va durer ici parce qu’à mon avis cela dépends complètement de la maitrise de la langue locale (sans jeux de mots douteux, pervers que vous êtes).

Graduellement cette phase aussi passe, on en vient à trouver des choses localement qui sont mieux que chez soi, on fini par même critiquer son pays d’origine en le comparant a son pays d’adoption. On lie des liens de plus en plus forts avec les gens du cru. Avec un peu de chance on tombe amoureux. Par contre je connais peux de gens qui ne disent pas « Je rentre l’année prochaine », oui, un peu comme « demain on rase gratis » toujours demain. Plus on n’avance dans cette phase plus il est dur de revenir a son pays d’origine. Apres 9 ans aux US, même en n’ayant aucune sympathie pour ce cher Georges WB j’ai eu un mal fou à être en France. Le son de l’américain me manquait, l’état d’esprit américain me manquait. Je n’arrivais plus à supporter les gens qui avaient vécu toute leur vie dans le même bled. Apres quatre ans il a fallu que je reparte, l’appel de la honey moon phase était trop fort.

D’ailleurs…. Si je partais en Australie ?

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04 novembre 2007

De la réclusion non criminelle et de la disparition des dragons

dragons12

Il est dimanche soir et je viens de passer 40 heures en séclusion chez moi. Je vis en Allemagne et mon allemand minable ne me permets pas de communiquer avec les gens autours de moi, alors il y a chez moi et l’extérieur, l’extérieur étant inconnu donc bien évidement hostile. Je ne sort que contrainte et forcée, lorsque le manque de nourriture ne me permets plus de dépenser mes 1h30 quotidiennes à préparer et à manger mes deux ou trois repas et lorsque je dois aller au bureau.

Bien sur je peux appeler mes amis, je n’en manque pas, ils sont en moyenne a 4300 km de chez moi mais ils existent. Mais pour appeler ses amis il faut avoir quelque chose à leur dire. Et lorsqu’on vis coupée de vie sociale quotidienne on a rien à leur dire à ses amis. Parce que se plaindre c’est ennuyeux. Parce que l’autodérision ca va un temps. Parce que, bien que je ne supporte pas le concept de normalité (la famille les enfants, le couple) quelque part être normale ca me changerais bien. Une amie écrivait dans son blog un essais sur les carapaces et les entrailles (http://cilja.unblog.fr/2007/10/30/la-fragilite-de-la-carapace-ou-des-entrailles/). Une jolie formule pour comparer les gens qui se protègent en s’isolant des gens et les gens qui souffrent sans compter.

J’ai une carapace, elle est énorme avec des écailles luisantes et elle a l’air très très solide. Tellement solide qu’elle en a l’air imprenable. Malheureusement cette carapace est poreuse, elle fait défaut. Chaque petite chose projetée sur cette armure-prison reste la, irritante, brulante, détruisant à petit feu la chair molle du dessous. Chaque taquinerie, chaque imperfection réelle ou imaginaire détruit à petit feu la substance de la bête. Je me demande si c’est ainsi que les dragon disparurent. S’isolèrent ils suffisamment pour que, finalement, leur substance se solidifie au point de former les montagnes d’aujourd’hui ?La solitude est pour moi un refuge et une prison. Un refuge car elle m’apaise. Je suis simplement moi sans faux semblants, inutile d’en rajouter puisque je suis ma seule audience.

Une prison car si personne ne vous vois ou ne pense à vous es ce que vous existez encore ?

image extraite de http://www.mythologie-fantastique.com/pages/lesdragonswall12.html

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01 novembre 2007

Le double effet kisscool

KissCool01

Note : Je parle ici de viol, en particulier de celui que j’ai subi il y a quelques années. Si vous me connaissez alors vous devriez peut être attendre un autre billet.

1 viol sur 11 fait l'objet d'une plainte (ENVEFF 1999 http://www.univ-paris1.fr/IMG/pdf/enveffrapportidf.pdf). 91 % des victimes sont de sexe féminin. Enfin bon il semble que les hommes aient encore plus de mal a porter plainte que les femmes donc qui sait en fait.

Le truc qui est encore mieux est que les « survivants » de viols sont plus susceptibles d’être à nouveau victimes de violences.

Donc en fait c’est le double effet kisscool… Non seulement il faut faire face à toutes les réactions les plus variées, mais en plus on a toutes nos chances d’avoir à refaire face à ça un jour. Trop bien !

Il existe une grande variété de sites sur internet de description de viol et de conseils aux victimes. Mon expérience ? Votre imagination vous peint probablement une image aussi effrayante que tout ce que je pourrais vous dire. Hollywood est extrêmement efficace aussi pour vous dépeindre des scènes d’une rare violence. Dans mon cas je dois dire que la scène était surtout d’une grande médiocrité. Deux gars bien muscles avec un couteau dans un ascenseur et une victime (moi) paralysée par … au départ la surprise d’une situation aussi inhabituelle et puis par la peur devant l’exultation d’un de mes assaillants devant mon sang. Je ne me suis pas défendue, je n’ai pas crie, je ne les ai pas frappes et ils ne m’ont pas tuée, (à posteriori je ne suis pas persuadée qu’ils m’auraient tues si je m’étais défendue. Le fait est que je ne me suis pas défendue et que c’est comme ca) donc en fait ma première réaction fut d’être soulagée, soulagée qu’ils ne m’aient pas tuée. Ma deuxième réaction a été de trouver quelqu’un dans l’appartement que j’occupais pour que cette personne puisse aller appeler la police parce que le locataire de l’appart n’avait pas paye sa facture de téléphone donc l’appart n’avait plus le téléphone. Ni l’eau chaude d’ailleurs. La troisième chose que j’ai faite a été de ne pas prendre de douche. Parce que prendre une douche c’est oblitérer toute possibilité de faire valoir ma plainte.

Porter plainte a été pour moi une évidence. C’était simple, ils m’avaient fait du mal et ils devaient être juges. C’était des étrangers. Parce que c’est plus simple quand ce sont des étrangers.

Je n’ai pas eu l’occasion de reporter plainte mais en 1993 (92 ?) ce fut une certaine épreuve. Attendre en essayant d’expliquer a mon pauvre colo ce qui c’était passe. Passer 1h dans la voiture de police (a l’arrière bien sur) pendant qu’ils me conduisent jusqu'à l’hôpital. L’examen médical avec l’infirmière qui se permet des réflexions vraiment déplacées (sur le coup je les aie trouvées plus accusatrices que déplacée les réflexions de cette pauvre c@@@ d’infirmière), l’interne ou médecin qui préférerais être en train de faire une autopsie que d’être la. A la limite il était sympathique ce docteur. Sa gène était à la fois touchante et rassurante pour moi. Rassurante car a aucun moment je n’ai eu l’impression qu’il ne me croyait pas. Je n’ai aucun souvenir de ce a quoi il ressemblait. Je me souviens néanmoins de son soin à ne pas me faire mal. Merci Docteur.

Heureusement pour moi mes assaillants avaient déjà attaque plusieurs touristes dont certaines avaient porte plainte, surtout d’ailleurs celles qui avaient fini a l’hôpital en urgence. Donc au moins la police locale a partiellement cru à mon témoignage.

Evidement il a fallu répéter ce témoignage plusieurs fois. Je me souviens de 3 fois dans les premières 24 heures. Et puis plusieurs fois une fois rentrée chez moi parce que Interpol veux que mon commissariat local prennent encore une déposition.

Ah oui ! Comme vous vous le demandez sûrement comment se sont ils retrouves dans le même ascenseur que moi ? Je leur ai ouvert. (Enfin c’est la version résumée mais… Vous habitez dans un immeuble et vous ne connaissez pas vos voisins, avez-vous déjà laisse entrer quelqu’un derrière vous ?)

Très franchement je ne suis pas sure que cela soit possible de faire la même déposition sur un acte traumatisant. En fait mes souvenirs se sont estompes rapidement, comme un cauchemar, un film que j’aurais vu. Restent, quelques sensations qui brutalement me font peur sans que je puisse savoir pourquoi, mais c’est rare.

Porter plainte ne m’a pas venge. Reconnaitre les assaillants et savoir qu’ils ont été juges non plus. Aucune idée de s’ils ont été en prison. Je suis loin et ma vie est plus douce que la leur de toutes manières. Et ca, ca me venge tous les jours.

Pour le deuxième effet kisscoll ça sera un autre jour.

Posté par Quietlaugh à 21:15 - Ca m'énerve ca - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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